Déclaration finale des Rencontres Internationales des Résistances aux OGM 2017

A la suite des Rencontres internationales des résistances aux OGM de Ouagadougou, organisées par le Collectif Citoyen pour l’Agro-Ecologie (CCAE) Burkina Faso, d’avril 2016, de l’Assemblée des peuples et du Tribunal international Monsanto à La Haye, Pays Bas, octobre 2016, dans la continuité de la première Olympiade des semences de Paranesti, Grèce, en avril 2017, nous, résistantes et résistants de 28 pays des cinq continents réunis à Lorient, Bretagne, du 28 au 30 avril 2017, pour construire une convergence à l’occasion des secondes Rencontres internationales des résistance aux OGM, déclarons :

Nos semences, nos connaissances et nos savoir-faire sont notre héritage, notre culture, notre fierté. Elles ne sont pas des marchandises, nous seuls décidons avec qui nous les partageons. Nous refusons que l’industrie les vole pour en manipuler les gènes, s’en arroge les droits de propriété et qu’elle détruise, pays par pays, toutes les semences et les races animales locales. L’industrie ne trompera pas les peuples en faisant passer ses nouveaux OGM (OGM cachés) pour des semences traditionnelles.

Nous avons décidé :
– d’appliquer nos droits légitimes de conserver, utiliser échanger et vendre nos semences paysannes et de participer aux décisions concernant leur devenir, que ces droits soient ou non reconnus par les lois ;
– de préserver et créer partout des maisons ou des greniers des semences paysannes locales gérées par nos communautés;
– de nous organiser pour valider et diffuser les connaissances et savoirs-faire paysans et de les transmettre dans les écoles et les universités ;
– d’œuvrer pour faire adopter par d’autres instances l’opinion/l’avis rendu par le Tribunal citoyen sur les crimes de Monsanto et appliquer aux autres destructeurs des fondements même de la vie terrestre. L’écocide a commencé.

Chaque année, pesticides et OGM provoquent de graves atteintes à la santé de plusieurs millions de personnes, et ce avec la complicité des politiques et des industries. Leur impunité n’est plus supportable.
Il manque cruellement de recherches fondamentales indépendantes concernant les impacts des OGM et des pesticides.

La proposition agroécologique ne suppose pas seulement un mode de production, elle implique :
– la production agricole sans intervention de la chimie de synthèse ou de la modification génétiques des plantes et d’animaux ;
– la nourriture et la souveraineté alimentaire des peuples ;
– l’organisation autonome des systèmes alimentaires locaux ;
– l’autonomie des paysans et la taille humaine des fermes ;
– l’attention à la fertilité des sols.

Elle contribue à limiter les changements climatiques, elle est notre manière de vivre, de penser et de participer à la société. L’espèce humaine fait partie de la biodiversité et des écosystèmes et doit participer à leur équilibre.
Pour valoriser l’agroécologie, nous allons travailler avec les élus locaux afin de résister à l’accaparement des terres, de maintenir les surfaces agricoles sans intrants chimiques industriels ou autrement artificiels. Nous allons œuvrer à l’éducation des jeunes, à leur accès au métier de paysan, à rendre aux citoyens confiance dans leurs savoir-faire et leurs compétences, et à valoriser et intégrer le rôle des femmes.

Le rôle des terres agricoles est de nourrir les peuples et non d’enrichir les financiers, ni de servir la spéculation sur le marché du carbone, ni d’être accaparée à ces fins.
Nous ne pouvons plus rester sans agir. Nous sommes pacifistes mais pas dociles. C’est pourquoi, déterminés à résister et à lutter dans la convergence contre l’écocide, nous créons aujourd’hui le Front international des Résistances contre les OGM et les pesticides.

Les bases de ce front sont aujourd’hui posées en Bretagne. Nous nous engageons à le développer en opposition aux firmes dont l’objectif est le contrôle de l’alimentation mondiale.

Lorient, 30 avril 2017, les résistantes et résistants

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